jeudi 30 mai 2013

Indonésie 11: Épilogue

L'Indonésie! Quoi dire? C'est trop compliqué. Chaque île visitée fut pour moi un pays différent. Bali la glamour, Java la culturelle et Sulawesi l'authentique. Mais c'aurait pu être Bali l'artisanale, Java la cool et Sulawesi l'étrange.

L'Indonésie ça pourrait aussi être le shopping, les plages, la plongée, la culture, la nature, l'aventure, ... 50 personnes pourraient partir visiter ce pays et revenir avec 50 versions différentes sur ce qu'il est.

De mon périple je choisi de retenir l'Indonésie l'authentique parce que ce sera le contact sympathique avec les gens (les jeunes surtout) qui m'aura marqué et dont je me souviendrai le plus.

Hello Mister

 

 

lundi 27 mai 2013

Indonésie 10: Poso (Sulawesi)

Poso n'a rien à offrir d'intéressant pour les touristes. Pour ma part je venais tout simplement prendre mon vol de retour à Makassar. Notre séjour de moins de 24 heures a néanmoins été marqué par quelques événements qu'on pourrait qualifier ... d'étranges.
Premièrement, devinez qui nous avons croisé à notre hôtel suggéré par la mère de famille de Tentena? Notre guide de Tentena en PPP qui était venu voir son patron à Poso. Il nous a d'ailleurs invité René et moi ainsi qu'une française qui nous accompagnait, à venir profiter de l'air climatisé dans les bureaux de l'agence touristique gouvernementale. Nous faisons alors connaissance avec le patron, un ancien guide très beau parleur, et il nous offre du café et commence à nous faire la jasette.
On apprend alors qu'il a contacté un journaliste d'un quotidien local et souhaite qu'on réponde à quelques questions. Nous nous sentions vraiment dans une situation très étrange. Aboutir dans une ville à peu près sans intérêt, se faire accueillir par un guide déjà rencontré dans la ville précédente pour ensuite se faire interviewer par un journaliste local. Avouez que c'est un peu bizarre comme journée.
Après avoir tenté sans succès de trouver de la bière pour le souper (je vous rappelle que nous sommes dans une ville musulmane), la cerise sur le gâteau est arrivée en fin de soirée lorsque nous avons croisé la mère musulmane rencontrée aux cascades de Tentena avec ces deux filles. Elle nous a invités à prendre un café dans un restaurant tout proche et nous avons continué la discussion de la veille sur les conditions de vie des gens de l'île.
Ce fut une journée bien remplie. Mais on a pas vu grand chose d'intéressant.

samedi 25 mai 2013

Indonésie 9: Tentena (Sulawesi)

Le trajet de Rantepao à Tentena a duré environ neuf heures dans des conditions très moyennes. Il y a peu de touristes dans le coin, par conséquent les bus sont remplis par des locaux. Du coup le confort en prend pour son rhume. So ... j'arrive quand même à Tentena sur le coup de 20h00, le dos en compote et impatient de prendre une douche pour changer l'odeur de cigarette.
Le comité d'accueil est quand même assez impressionnant pour la présence de 5 touristes paumés. Nous sommes quatre à choisir le même établissement de type budget recommandé par le Lonely Planet. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, nous montons sur quatre scooters avec chacun notre sac à dos et filons vers le motel. Je ne vous cacherai pas que ma colonne vertébrale n'a pas aimé cette périlleuse escapade.
Il y a une quinzaine d'années la région de Poso (à 1h30 au nord de Tentena) a été le théâtre d'altercations entre des chrétiens et des musulmans faisant quelques centaines de morts. Semblerait-il que les heurts ont pris leur origine entre quelques jeunes imbibés d'alcool et le conflit a par la suite dégénéré. Inutile de vous dire que les touristes ont fui le coin et la région peine à les charmer à nouveau et à orchestrer leur retour. Résultats: les hôtels sont vides et les hôteliers ont faim.
J'ai beaucoup aimé le village de Tentena qui est localisé à une des embouchures du lac Danau Poso. Il y a peu de restaurants mais nous avons mangé du très bon poisson pêché dans la rivière en aval du lac. Mais le plus charmant dans tout cela est pour moi l'accueil que les jeunes nous ont réservé. On aurait dit qu'on représentait la sortie d'une période noire et le retour des beaux jours. Le feeling était plutôt agréable et on s'est senti très bien dès notre arrivée. Il faut dire que peut-être plusieurs de ces jeunes voyaient des touristes pour la première fois, considérant qu'il y a 15 ans ils étaient des bébés, ou en voie de l'être.

Au menu pour les deux jours: promenade dans la ville, visite des cascades Air Terjun Salopa et visite de la plage sur le bord du lac. Le programme a été confirmé sur les conseils d'un guide travaillant en PPP avec l'agence de tourisme gouvernementale de la région dont le siège est à Poso.

Lors de la visite des cascades nous avons croisé un paquet de touristes locaux de la région de Poso. Ce fut agréable de voir ce lieu être investi par les jeunes du coin et le plaisir était au rendez-vous. Encore une fois, le kodac a été très actif pour immortaliser ce beau monde. Et il est fort probable que ma face soit maintenant présente comme trésor de chasse dans plusieurs pages Face de bouc. Nous avons également échangé avec une jeune mère de famille musulmane de Poso qui a travaillé pendant plusieurs années pour USAID et elle nous a même suggéré un hôtel pour notre passage dans sa ville. C'est également elle qui nous a parlé des conflits inter confessionnels et les conséquences qui ont suivi.

jeudi 23 mai 2013

Indonésie 8: Rantepao (Sulawesi)

Nous sommes restés au total 6 nuits à Rantepao, le centre névralgique de la région du Tena Toraja. La ville elle-même, quoique que relaxe et sympathique, n'a rien d'extraordinaire. Cependant, on sent des caractéristiques culturelles très importantes et aussi très présentes. La première est la forme de ces maisons traditionnelles, qu'on construit encore aujourd'hui, avec un toit très prononcé. Certains disent que la forme de ces toits rappelle les cornes d'un buffalo (boeuf), d'autres disent qu'elle rappelle l'avant et l'arrière d'un bateau. Nous n'avons pas eu de réponse officielle. Ça dépend du guide.

 

Parlant de buffalo, il y en a pas mal dans le Tena Teraja. Le buffalo est d'ailleurs le cadeau privilégié à donner dans les cérémonies funéraires et il se négocie à fort prix dans le marché aux animaux qui a lieu à tous les 6 jours.

 

Les buffalos donnés en cadeaux sont sacrifiés lors de ces cérémonies funéraires qui surviennent normalement quelque 6 à 12 mois suivant le décès du protagoniste. Les cochons sont aussi des offrandes acceptées mais ils ont moins de valeur et moins de prestige.

Les cornes des buffalos ainsi sacrifiés sont ensuite accrochées aux toits des maisons traditionnelles afin d'afficher, en quelque sorte, le statut social de la famille. Ces rites ne sont aucunement religieux parce qu'ils sont pratiqués autant par les chrétiens (majoritaires dans cette région) que les musulmans.

 

J'ai eu la chance d'assister à une de ces cérémonies funéraires qu'on qualifiait de moyenne envergure. Il y avait pourtant plus d'un millier de personnes et j'ai vu le sacrifice de plus d'une dizaine de cochons. J'ai également noté la présence de 3 ou 4 buffalos mais je n'ai pas assisté à leur mise à mort.

Le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ces cérémonies et cette culture est "étrange". Il est à noter que les animaux sacrifiés finissent quand même dans les assiettes. Donc ça se trouve en quelque sorte être un spectacle d'abattage des animaux mais j'ai loin d'avoir tout compris ce qui s'est passé lors de cette cérémonie. Anyway... j'ai quand même vu des cochons goûter au supplice de la mort au couteau. Ça couine en s'il vous plaît. Et ça saigne aussi. Cœur sensible s'abstenir.

 

Nous nous sommes également promenés dans l'arrière pays et les paysages sont magnifiques. Encore une fois nous avons vu des rizières dans le haut des montagnes sculptées en étages. Nous avons également visité des sites ... bizarres. Des formations rocheuses dans lesquelles on a creusé des cavités pour entreposer les corps des défunts ou des poupées les représentant. Encore une fois j'ai pas tout compris les explications du guide. "Étrange" tout ça.