vendredi 29 mars 2013

Laos 2: Pakse et le plateau des Bolovens

Le 28 mars nous quittons, ma fille Charlotte et moi, Don Det pour notre nouvelle destination: la ville de Pakse et le plateau des Bolovens.

Située aux confluents du Mékong et de la rivière Don, Pakse est un passage obligé pour l'accès au sud Laos. Cette ville, fondée par les français il y a une centaine d'années, est aussi un point de départ pour les excursions sur le plateau des Bolovens. Quoique dépourvue de sites d'intérêts majeurs, Pakse demeure une ville cool où il fait bon déambuler dans les rues et se restaurer.

 

Nous avons choisi d'arrêter à Pakse justement pour se préparer à une excursion de deux jours dans l'arrière pays. Il s'agit ici d'un plateau en montagne reconnu et apprécié pour son climat frais, ses chutes et cascades, son sol fertile et ses plantations de café haut de gamme. On y retrouve également différents villages peuplés par différentes ethnies.

Nous avons choisi le plateau des Bolovens comme terrain d'excursion en scooter et sac à dos léger. Nous laissons donc notre gros backpack à Pakse, louons une motorbike et partons à l'aventure pour un periple de quelque 180 km et 36 heures. Et ça sera en effet une belle aventure avec ... ses anecdotes.

La première journée a d'abord débuté par un premier arrêt à Tat Etu, un site complètement déserté avec une très belle cascade et un bassin permettant la baignade. Considérant la chaleur, on se laisse tenter par une petite saucette.

Nous sommes ensuite arrêté à Tat Fan qui est la chute la plus spectaculaire du plateau, notamment à cause de sa hauteur de plus de 120 mètres. Nous prenons une pause Coka dans une auberge dont la terrasse donne sur la chute. Plusieurs trekkings sont possibles à partir de ce lieu mais nous ne disposons pas du temps nécessaire pour une excursion dans la jungle laotienne.

Après notre arrêt à Paksong pour le lunch, nous amorçons un long tronçon de route qui nous amènera à Tat Lo, notre destination pour le souper et la nuit. Nous ne savions pas alors que cette partie du trajet nous réservait quelques incidents heureusement sans conséquence, hormis des souvenirs amusants et inoubliables.

Environ une heure après le départ de Paksong nous entrons dans une zone un peu plus fraîche; et cela à notre grand bonheur. Cette zone de fraîcheur se change peu à peu en une zone de pluie fine toujours rafraîchissante. Et finalement on tombe carrément dans une zone d'averse tropicale qui nous contraint d'arrêter et de chercher refuge dans une habitation occupée par un gardien d'une plantation de café. Et nous n'étions pas les seuls à profiter de l'hospitalité de notre hôte. En plus d'un loatien de la région nous avons croisé un jeune hollandais de moins de 20 ans en périple lui aussi sur le territoire indochinois.

Après être ragaillardis par cette douche froide, nous repartons suite à cette petite pause de 30-45 minutes. Mais nous n'avons pas fait long feu. Une crevaison nous oblige à arrêter notre engin dans un trou perdu ... à 400 mètres d'un réparateur de motorbike. C'était comme si le destin voulait agrémenter notre balade d'une gentille anecdote juste pour tester notre bonne humeur. Après avoir lancé un "crisse de tabarn..." je me met à pouffer de rire nous entraînant Charlotte et moi dans l'hilarité générale.

C'est peut-être cette réaction qui a été récompensée par le destin en insérant dans l'équation quelques bon samaritains nous informant que nous étions tout près de notre sauveur. On s'en tire finalement avec une facture de 5-6$ et un délai d'une petite heure agrémentée de discussions incompréhensibles avec la famille du garagiste. Un autre moment de grâce et de plénitude.

Nous arrivons finalement à notre destination pour la nuit, Tat Lo, en fin d'après midi, juste assez tôt pour profiter d'une chambre libre chez Tim. Le village de Tat Lo est sur la map grâce à ses petites cascades qui font la fierté de ses habitants.

Le lendemain nous nous préparons à rentrer à Pakse. Au passage nous nous arrêtons pour le lunch à Phaxuam pour se restaurer et contempler une dernière cascade.

 

Au terme de notre excursion de 2 jours sur le plateau des Bolovens, j'ai constaté que le Laos est très axé sur la nature. C'était avant d'arriver à la capital et dans les villes plus au nord, qui nous réservaient des surprises.

 

mercredi 27 mars 2013

Laos 1: Les 4000 îles

Ainsi donc, le 26 mars au matin, je prend un bus de Stung Treng, au Cambodge, en direction du Laos. Au programme pour la journée: voyage de 6 ou 7 heures en bus, passage à la frontière Cambodge-Laos et arrivée à Don Det, une petite île dans l'archipel des 4000 îles dans le Mékong tout au sud du Laos.

Les formalités de passage à la frontière sont orchestrées par un spécialiste ;-) qui fait partie du voyage. Une heure ou deux avant l'arrivée, le spécialiste nous fourni un formulaire d'entrée au Laos que nous remplissons avec rigueur. À la frontière, le spécialiste séquestre l'ensemble des passeports des personnes à bord afin qu'il puisse procéder aux opérations de passage avec les autorités de part et d'autre.

Nous sommes ensuite invités à quitter le bus avec nos bagages et à s'installer dans une aire de restauration spécifique délimitée par une petite clôture à l'abri du soleil. Je dirais qu'il y avait peut-être 5 ou 6 aires pouvant accueillir une cinquantaine de personnes chacune.

Le spécialiste sort alors une feuille de papier et nous demande d'inscrire notre nom et notre nationalité; cette feuille servira de checklist pour la cueillette de l'argent pour le visa côté Laos. Je savais que le coût des visas différait d'une nationalité à l'autre. Pour certains pays, comme la Corée, c'est gratuit. Pour la plupart des pays c'est 35 $US. Pour les canadiens, nous avons gagné le gros lot du tarif le plus élevé: 47 $US. Pourquoi? No fucking idea! Mais je suis certain que notre ami Stephen connaît la réponse.

Le spécialiste procède donc à la collecte de l'argent, toujours dans l'enceinte de l'enclos .... pardon, l'aire de restauration. Il se ramasse donc avec une belle liasse de billets. Mon visa m'aura finalement coûté 51 $US: 47 $US plus des frais d'administration de 2 $US pour chaque côté. Et comme par magie, le spécialiste revient avec l'ensemble des passeports estampillés et le visa inséré et les distribue à chaque animal ... je veux dire à chaque touriste.

C'est alors que nous récupérons nos bagages et débutons la marche (à pied) vers le poste de frontière. La scène était un peu surréaliste. Nous avions en fait l'air d'une gang de prisonniers impliqués dans un échange. On était tous ahuris par la situation.

Nous passons la barrière et nous voilà au Laos. Des minis bus nous attendaient de l'autre côté. Procédure complexe mais qui finalement fonctionne et se complète en une petite heure. L'arrivée à Don Det se concrétise dans l'heure suivante. Et j'y ai retrouvé ma fille Charlotte.

Le Laos

À l'instar du Cambodge, la Laos est un pays pauvre. Selon le FMI, il est cependant un peu moins pauvre que le Cambodge. Il est complètement enclavé par la Chine, le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande et le Myammar et il n'a aucun accès à la mer. Le Mékong est le principal fleuve qui le traverse.

L'histoire récente du Laos n'est pas aussi mouvementée que celle du Cambodge avec les Khmers rouges mais il a eu son lot de bombardement dans la foulée de la guerre du Vietnam et du génocide organisé par notre autre ami, Pol Pot.

Don Det

Mon forfait voyage depuis Stung Treng comprenait l'ensemble des déplacements jusqu'à Don Det, dont la traversée en pirogue depuis la terre ferme jusqu'à l'île même. Est-ce que Don Det fait vraiment partie d'un archipel de 4000 îles? Je ne sais pas vraiment. Chose certaine il y a vraiment beaucoup d'îles dans le coin.

Le Lonely Planet parle grosso modo de Don Det comme une place pour les backpackers assoiffés. Certes, il y a beaucoup de backpackers mais, basse saison oblige, ce n'était pas la beuverie que je m'attendais, ou plutôt la beuverie que j'appréhendais. Je m'étais dit que je resterais au pire une nuit si c'était trop le party.

Dans les faits, j'ai plutôt découvert une ile, certes pour les backpackers, mais aussi une île cool, avec ses petits Guest House et ses petits restos, qui vivent au rythme du Mékong. J'ai même pu prendre un petit déjeuner dans un café tenu par un australien paumé qui a marié une laotienne. J'y ai pris un excellent allongé, avec des œufs et du bacon, au son de la musique de notre ami canadien Neil Young. C'était un peu spécial comme situation; un autre moment de graisse.

J'ai loué une bicyclette et je suis parti à l'aventure sur l'île de Don Det et l'île de Don Khon un peu plus au sud. J'y ai alors découvert une nature extraordinaire avec comme arrière scène le Mékong, ses rapides et ses chutes.

Bienvenu au Laos.

L'arrivée
 
Le tour

 

mardi 26 mars 2013

Cambodge 7: Épilogue

Mes trois semaines au Cambodge furent un pure délice. Certes, avec l'excitation du départ tout est plus beau et plus intéressant. En prenant un peu de recul, je demeure sur mes positions. Mon passage au Cambodge fut un véritable délice et tous mes sens ont été alimentés. Que ce soit au niveau historique, culturel, géographique, culinaire ou humain, le Cambodge a beaucoup à offrir pour peu que l'on franchisse la barrière du confort nord américain. Et j'imagine que le meilleur est à venir.

Et que dire des gens. Que de sourires et de curiosité. Le mot "Hello" est sur les lèvres de tous les enfants. Combien de fois un cambodgien est-il venu me voir pour pratiquer son anglais? Évidemment ils voient les touristes comme une forme de manne. Comment pourrait-on leur reprocher cela. Ayant vécu au Maroc, je peux vous dire que leur niveau de sollicitation est sommes toutes assez gentil.

Seul bémol: la musique. Malgré les efforts, je n'ai pu apprécier leur production. En fait, pour être franc, c'est complètement abrutissant. Au point tel que je me suis mis à regretter Michel Louvain. Il me semble que sa dame en bleu m'aurait calmé les tympans. Au Cambodge c'est bruyant; ça klaxonne, ça parle fort, le mode vibration des cellulaires est inexistant et les voyages en bus offrent en prime des vidéos de musique en format karaoké ou des films de kung fu du départ jusqu'à l'arrivée. Quelle horreur!

Le Cambodge restera pour moi une destination facile et pas compliquée. L'hébergement et la restauration sont facilités par la générosité de l'offre et cela à un prix dérisoire. Les temps de transport entre les villes sont longs mais ça passe vite (surtout lorsqu'on écoute du kung fu et du karaoké).

Pour ma part, le Cambodge est un premier coup de cœur. La barre est haute pour les prochaines destinations. On garde l'esprit ouvert, on profite de l'instant présent et on se laisse guider par les signes.

 

 

Cambodge 6: En remontant le Mékong

Le Mékong! Pour moi ce nom invoque l'Asie. Ça tombe bien c'est en Asie. Ça aurait pu aussi invoquer la Provence: "C'est biengne de manger du paingne sur le bord du Mékongne". Bon, je l'avoue, c'est un peu tiré par les cheveux. Enfin! Il faudrait demander à Pagnol ce qu'il en pense.

Le Mékong! Je l'ai déjà dit. On continue. Fleuve qui prend sa source en Chine et qui traverse le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et termine sa course dans le golf de Thaïlande en passant par le Vietnam. Le Mékong est une source de vie pour des centaines de millions de personnes.

Ainsi, en quittant Siem Reap, au nord, je suis redescendus vers le sud-est en direction de ma première escale sur ce grand fleuve, Kompong Cham. Par la suite je suis remonté à nouveau vers le nord, toujours en longeant le Mékong, en passant par Kratie et Stung Treng pour finalement aboutir au Laos.

Tout cela s'est passé du 22 au 26 mars.

Kompong Cham

Cette petite ville de province, charmante et tranquille, a longtemps été la 3ème cité du Cambodge après Phnom Penh et Batambang mais elle s'est fait déclasser par les villes plus touristiques que sont Siem Reap et Sihanoukville. Kompong Cham demeure cependant un point de transit important vers les provinces de l'est.

Pour moi Kompong Cham est une ville charmante et tranquille (déjà vu). Je n'y suis finalement resté qu'une vingtaine d'heures mais j'aurai pris mes premiers clichés du fleuve Mékong et vu ma première mosquée au Cambodge.

C'est aussi à Kompong Cham que j'ai fait le plus de rencontres dans un court laps de temps: Pierre-Jacques, un coopérant québécois dans la soixantaine qui passe maintenant 6 mois par année au Cambodge, Gilles, un parisien de 42 ans œuvrant dans les médias, un couple de jeune français dans la vingtaine, Marine et Hugo, qui étaient à leur 3ème mois d'un long périple d'une année autour du monde et Alessandro, un italien aussi dans la vingtaine, artiste de scène et de cirque en quête d'inspiration pour son nouveau spectacle. Hormis notre québécois, tout ce beau monde s'est finalement retrouvé ensemble à Kratie autour d'une table pour un repas animé. C'était un peu magique de voir ces rencontres individuelles converger vers un même point et reprendre leur chemin en emportant chacune un souvenir de plus. Pour ma part, je me réjouis d'avoir été celui qui a permis cette réunion éphémère mais qui restera pour moi mémorable.

 

Kratie

Je suis resté 2 jours à Kratie et j'ai partagé une chambre disposant de l'AirCon avec Gilles et Alessandro. 18$ par jour pour les trois: ce fut mon deal du voyage.

À l'instar de Kompong Cham, Kratie est aussi une petite ville charmante et tranquille. Au milieu du Mékong, en face, il y a une petite île entourée de sable sur laquelle j'ai fait une balade en vélo. Cette île fait partie du Mékong discovery trail, qui se veut être un parcours un peu plus écolo que ce qu'on retrouve ailleurs. Les aménagements étaient plutôt prometteurs et la balade de quelques heures fut très agréable.

On dit qu'une image vaut mille mots. Quinze images en valent bien ... 15,000.

 

Stung Treng

Cette petite ville sur le bord du Mékong se trouve à être une des dernières agglomérations avant d'atteindre la frontière avec le Laos. Bon, quelque 35,000 habitants ça fait pas une métropole mais il y régnait une certaine vie qu'il n'y avait pas à Kratie ou à Kompong Cham. Le marché central était complètement en plein air et la vie commençait à bourdonner dès 6h00 le matin.

J'ai eu le temps de prendre quelques photos au levée du soleil avant de prendre mon bus pour le Laos dont le départ était prévu pour 8h00. Ce fut les dernières prises au Cambodge. Et je le savais très bien :-(.
Toute bonne chose a une fin! Et c'est bien ainsi; on profite plus de ce qu'elle nous apporte.