mardi 9 avril 2013

Laos hors série 1: Phonsaven à Sam Neua

2013-04-09:19h30

Nous sommes le 9 avril au soir et je suis à Phonsaven dans le nord-est du Laos. J'ai décidé de voyager durant la soirée afin de gagner un peu de temps dans mon périple vers le Vietnam.

J'achète donc la dernière place de disponible dans une mini van (15 places incluant le chauffeur) en direction de Sam Neua; dernière ville importante (ais-je bien dit importante?) avant de passer chez les Viêt-cong. Dans la mini van il y a effet 15 adultes (14 locaux dont le chauffeur et un canahien français). Auxquels on ajoute 2 jeunes enfants, un bébé et un ... coq ... vivant. On quitte à 18h45.

Étonnamment la mini van est assez confortable et assez récente et il y a de l'air frais qui entre puisque nous voguons lentement vers le nord via les montagnes. L'espace sonore est essentiellement composé de gentils cris d'enfant et de pleurs de bébé. Jusque là tout va bien.

Le type à ma droite a la tête hors de la mini van, afin qu'il puisse vomir plus aisément et le type à ma gauche se racle la gorge et crache dans son sac à toutes les dix minutes.

Il fait nuit dehors et tout va bien. La route n'est pas pavée et c'est un peu sinueux mais tout va bien. J'ai dit tout va bien et on garde l'espoir. Oh! Le type à ma gauche vient de se racler la gorge et de cracher dans son sac. Mais tout va bien. Oups, la musique vient de partir. À plus tard.

2013-04-09:20h15

Premier arrêt: le chauffeur a faim. Je m'achète des biscuits made in Thailand. Au cas où. Tout va bien.

2013-04-09:20h30

On repart. Le type à droite se met à vomir à nouveau. Tout va toujours bien. La radio joue une belle balade en laotien ... j'imagine.

2013-04-09:20h45

On monte depuis 10 minutes. La route est pavée. Il y a de la brume, parce qu'il a plut. TVB.

2013-04-09:21h15

Ça monte toujours. L'air est frais et humide. Il y a toujours de la brume. Les balades se suivent à la radio mais il y a maintenant un peu plus de rythme et on a monté le volume. Plusieurs passagers sont déjà tombés dans les bras de Morphée. Le type de droite ... encore. It's allright. Je suis calme. C'est pas si pire que ça. Une petite de 2 ans dort profondément dans les bras de son père (je présume) dans une position qui ne ferait pas une bonne pub pour les matelas Dauphin. Un autre moment de sérénité.

2013-04-09:22h00

On roule toujours sur cette route sinueuse et très maganée. On se laisse finalement emportées par les balades d'une chanteuse laotienne au timbre de voix américaine. Le type de droite ... dort. Le raclage de gorge s'est évanouis. Sommes toutes c'est un déroulement de transport qui semble plutôt normal. Merde. Un T-Rex vient de sortir de la jungle. Il nous poursuit. C'est la fin. Je fais une dernière prière.

Mais non. C'est pas vrai. C'est mon imagination. Tout est finalement si calme que je me demande si je vais vraiment publier mon article.

2013-04-09:23h00

Deuxième arrêt. Nous sommes vraiment dans un trou perdu. Deux passagers quittent le navire. Dont le type qui se racle la gorge. Le type à ma droite sort du bus et va vomir dehors. En fait c'est un jeune et je soupçonne que notre ami a pris un coup avec du whisky de riz à 1,50$US le litre, qu'on appelle Lao Lao. Justement aujourd'hui je me suis arrêté, dans le cadre d'un petit tour organisé, chez quelqu'un (une vieille dame) qui fabrique de l'alcool artisanal (tout à fait légalement) à partir du riz non consommé par les habitants. Le whisky produit a une teneur de plus de 40% en alcool.

Inutile de vous dire qu'à 1,50$US le litre, les beuveries sont choses courantes (dixit le guide). Étonnamment, le produit que nous avons goûté était bon et il n'était pas du tout corrosif pour la gorge. Tout au contraire, ça passait très bien. On a eu le droit à deux petites ponces et je vous informe qu'au grand soleil, ça ragaillardi son homme.

Bon, on est reparti. Je vais essayer de vomir ... euh dormir un peu.

2013-04-10:02h00

Après un dernier tronçon de 3h00 nous arrivons enfin à destination, Sam Neua. Évidemment, à cette heure, le comité d'accueil est plutôt maigre. Quelques Tuk Tuk et âmes perdues. J'aborde un des chauffeurs de Tuk Tuk avec des simagrées et des mots simples: Hôtel, Guesthouse, sleeping, dodo, chu fatigué s'tie.

On démarre donc la tournée des crèches. Les deux premiers hôtels; pas de réponse. Au troisième, un guesthouse, un type tout endormi nous répond. On m'assigne une chambre très correcte, avec eau chaude et salle de bain privée. Je paye. À 3h00 j'étais douché, couché et je rêvais déjà à ma blonde.

Avec du revul j'ai finalement l'impression que mon voyage fut ordinaire. Considérant l'état des infrastructures routières et du parc automobile, les laotiens ne peuvent faire des miracles. Mon petit voyage de 8h00 à travers la montage sur des routes, qu'on nommerait plutôt chez nous des chemins de bois, fait partie du quotidien des laotiens. Je me demande si ça vaut vraiment la peine de publier cet article.

Bon. Je le publie quand même.

 

1 commentaire:

  1. Bonjour Luidji !

    Merci de partager une tranche de pain vie de voyage :) ça fait imaginer sans le bruit et les odeurs mais bon... c'est peut-être mieux comme ça...

    RépondreSupprimer