2013-04-11
Jeudi matin, le 11 avril. Mon objectif dans les prochaines 25-30 heures est de me rendre à Hoian au centre du Vietnam. Dans le Lonely Planet il y a une foule de renseignements. Je lis qu'il y a notamment un bus quotidien qui quitte Sam Neua à 8h00 et qui se rend à Tranh Hoa, au sud de Hanoi (attention, il ne faut pas confondre Hanoi, la capitale au nord, et Hoian, ma destination plus au sud), pour un voyage d'une dizaine d'heures. Dans un autre guide du Lonely Planet on parle du train qui longe la côte vietnamienne de Hanoi à Saigon et vice et versa. Je vérifie sur Internet et je constate qu'il y a un départ de train à 22h30 depuis Tranh Hoa avec une arrivée à Danang (50 km au nord de Hoian) à 10h30 le lendemain. Dans le même guide je note qu'il y a différentes possibilités de transport entre Danang et Hoian (taxi, voiture, bus local, bus charter, ...).
Donc sur papier ça semble faisable de se rendre à Hoian dans la matinée du 12 avril. Je me lance. Sans avoir réservé au préalable en espérant que les planètes demeureront alignées en ma faveur.
2013-04-11:07h00
Je demande à un chauffeur de Tuk Tuk de me laisser à la station à partir de laquelle quitte le bus pour le Vietnam. Coût de la course: 20000 kip (3$).
2013-04-11:08h00
Comme prévu nous quittons à l'heure dans un mini bus du genre autobus scolaire. Je me dis que le confort est bien ordinaire mais nous ne sommes que 3 passagers, moi et 2 britanniques, et on pourra prendre nos aises. Coût du voyage 180000 kip (24$).
Le chauffeur débute alors une tournée de la ville et au fur et à mesure on embarque du monde, des marchandises, des animaux, des denrées alimentaires, ... À 9h00 le bus est déjà pas mal plein et je me dis qu'on va bientôt partir. Et en effet on part. Je ne savais pas cependant que la nature a horreur du vide et que les derniers espaces libres allaient être comblés ultérieurement.
Le chemin vers le Vietnam est composé de montagnes et de rizières. Les paysages sont magnifiques. Mais la route est très sinueuses et malheureusement en très très mauvais état.
2013-04-11:10h00
D'autres personnes sont montées à bord du bus en chemin même s'il n'y avait plus de siège disponible. Mais comme je viens de le dire, la nature a horreur du vide, donc on trouve toujours de la place. Pour ma part j'avais toujours mon siège de départ mais maintenant mes rotules sont complètement aplaties sur le dossier en face de moi.
Le voyage devient ainsi un projet dans lequel des personnes et des marchandises montent et descendent. Les tarifs se négocient, l'argent change de main, on discute, on rigole, on parle, ... Il y règne un équilibre déconcertant et je me trouve finalement ridicule à douter qu'on va arriver sains et saufs à destination comme si finalement tout le monde agissait sans aucune conscience des dangers.
2013-04-11:11h00
Nous arrivons à la frontière Vietnamienne. Le voyage a été pénible. Notre chauffeur conduisait comme un mercenaire pour qui le temps c'est de l'argent. Je ne lui donnais pas 30 ans et il conduisait avec un sang froid étonnant, une main sur le volant, une autre sur le bras de vitesse et une troisième sur le klaxon.
Les procédures à la frontière prennent environ une quarantaine de minutes. Je n'ai évidement pas saisi toute la teneur des discussions à gauche et à droite mais ça négociait fort. Pour moi ce fut plutôt simple parce que j'avais déjà mon visa.
On s'arrête du côté vietnamien pour luncher et je prend contact avec la nouvelle monnaie, le Dông. Un dollar vaut 20000 dông. Avec 50 piasses tu es millionnaire. Ça fait drôle un peu.
J'ignore ce que j'ai mangé mais c'était bon. J'ai eu un peu peur d'avoir la chiasse dans l'autobus mais bon ... qui ne risque rien n'a rien. Finalement mon estomac et mes intestins auront tenu le coup.
2013-04-11:15h00
Les premières heures au Vietnam sont vraiment pénibles côté route. Les paysages sont cependant très beaux et aussi très verdoyants. Les rizières en paliers se suivent et toutes les parcelles cultivables sont exploitées. Dans un blog tenu par un français, j'ai lu que les vietnamiens étaient très efficaces sur l'utilisation des terres et que s'ils pouvaient le faire ils cultiveraient même l'espace entre les rails des chemins de fer. Ça m'a fait rire.
2013-04-11:17h00
Peu à peu on quitte les chemins montagneux et les infrastructures routières s'améliorent pour devenir finalement tout à fait décentes. Je constate que finalement le Vietnam c'est plus riche que le Cambodge et le Laos. J'arriverai ainsi à 18h00 pile à Tranh Hoa. Le dos en compote j'appréhende la deuxième étape, celle de trouver la gare de train et de me procurer un billet pour Danang. J'avais tort de m'inquiéter.
2013-04-11: 19h00
Après une course de taxi de 40000 dôngs (2$) j'aboutis à la gare de train et à 19h00 j'avais mon billet. Malheureusement il n'y avait plus de lit de disponible. J'ai donc du accepter un siège mou dans un wagon climatisé et cela au coût de 440000 dôngs (22$).
J'ai le temps de me restaurer dans un petit bui bui et de me trouver une liasses de dôngs pour mes prochaines dépenses. Tout le monde me salut et je suis accueilli avec gentillesse et curiosité. Je ne m'attendais pas à cela. On m'avait dis que les vietnamiens étaient plutôt froids et distants avec les étrangers. Je suis content.
J'ai même le temps de m'assoir dans un café. Je constate peu à peu que le wifi Internet est très souvent disponible et dans bien des cas non sécurisé. Ça fait mon affaire parce que j'ai des courriels à envoyer.
2013-04-11:22h30
Le train quitte à l'heure prévue pour une épopée d'une douzaine d'heures jusqu'à destination. Tout le monde s'installe à son aise et il y a même des passagers qui se couchent dans l'allée la tête sous le siège et les jambes dans le corridor.
Le train est une façon assez économique pour voyager au Vietnam parce que du nord au sud, les distances sont très importantes et le train assure une forme de garantie sur les horaires.
2013-04-12:10h30
J'arrive à l'heure prévue à Danang et je me met à la recherche d'un bus local pour Hoian. On me propose un transport en voiture pour 200000 dôngs (10$). J'accepte le deal sans discuter. Ça fait mon affaire.
2013-04-12:11h30
J'arrive à Hoian après une paisible balade en voiture de 45 minutes. On me laisse au centre ville à partir duquel je me lance à la recherche d'un lieu ou dormir. Étant un peu fatigué, je me dirige vers l'hôtel ayant la best value pour le prix selon le Lonely Planet. Je me retrouve dans un bel endroit avec une belle chambre. Je me douche et pars à la conquête de Hoian pour me restaurer. Il est alors 12h30. Objectif atteint. Coût total de l'opération: 60$
Épilogue
Pour moi, les transitions entre les villes étaient sources de nervosité et de craintes. Au départ on peut dire que j'exprimais de la peur pour ces déplacements. Par la suite ça s'est transformé en appréhension et tranquillement je les considère maintenant comme des petits défis à relever.
Après de telles expéditions, je suis toujours surpris de voir qu'un truc en apparence compliqué sur papier se concrétise comme tel dans la vrai vie. C'est du moins ce qui m'arrive la plupart du temps durant mon voyage. Je dis merci au destin et à sa grande générosité dont il fait preuve à mon égard.
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